[i565]                                              DE LA VILLE DE PARIS.
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en Parlement, le [xxne] jour de Decembre, l'an mil cinq cens soixante cinq f1', u
qui auront achapté desd, bledz et grains, voluntaire­ment et de gré à gré, soit en mond, païs de Bour­bonnoys ou es autres lieulx dessusd., pour les mener et conduire, tant par eaue que par terre, au dedans de mond, royaulme de province à autre, et princi­pallement pour la provision de mad. ville de Paris, vous les souffrez et laissez passer par tous les lieulx ct endroictz de mond, païs et duché de Bourbon­noys que besoing sera, seurement, Sauvement et li­brement, sans leur faire, mectre ou donner, ne souf­frir qu'il leur soi 1 faict, mis ou donné, ny aux basteaulx, bastelliers, chevaulx, charrettes et char-tiers, sur lesquelz se porteront et conduiront lesd, bledz et grains, aucun arrest, trouble, destourbier ny empeschement. Et si aucun leur estoit faict, faictes incontinant le tout reparer et remectre au premier estat et deu, car c'est chose que je veulx que ainsi se face pour le bien et mutuel recours de mesd. sub­jeclz; priant Dieu, mons'dc Montare, qu'il vous ayt en sa saincte garde. Escript à Bloys, le xie jour de Decembre 1565.n
Signé : CHARLES. El au dessoubz : Bourdin.
Et à~la suscription : A Mons' de Montare, chevalier de mon Ordre et mon Lieutenant General en Bourbonnoys en l'absence de mon cousin le duc de Nemours.
Collation a esté faicte à l'original que j'ay envoyé à monsieur de Montare.
Signé : de Troyes.
"Monsieur le conte, prevoiant la necessité des bledz en laquelle estoient pour tumber la pluspart des provinces de mon royaulme, j'escriviz, dès le xxviii" jour de Septembre dernier passé, à plusieurs des gouverneurs et lieutenans generaulx d'icelles ■ qu'ilz eussent à faire faire par toutes les villes, bourgs, bourgades et villages des baillages, seneschaulcées et jurisdictions de leurs gouvernemens une generale visitation et description de tous les bledz (*) et grains
Du lundi, xxxi0 et dernier jour de Decembre mil vc soixante cinq.
Ce jour, monsieur me... de Troyes '2), seigneur de Saincte Maure, est venu au Bureau de ceste ville de Paris, lequel a dict que, suivant l'adviz qu'il avoit cy devant donné à Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins de faire admener bledz du pays d'Au­vergne et autres pays de ce royaulme, il auroit, suivant les lectres que mesd. sieurs avoient par luy escriptes à Leurs Majestez, faict commander lectres closes du Roy qui ont esté envoyées par la voye dè la poste à tous les gouverneurs des provinces, des­quelles il a rapporté deux coppyes par luy collation­nées, et suivant lesquelles il est bien asseuré que bientost il arrivera des bledz en ceste Ville, pour avoir.parlé à plusieurs marchans qu'il a trouvez en Gourt, qui n'attendoient que lad. despesche.
"Mons',de Montare (3', scaichant la grande faulte et necessité de bledz et grains qui se trouve au jour d'huy en la pluspart des provinces de mon royaulme, et combien il est necessaire que mes subjeclz se se­courent les ungs les autres de ce que Dieu leur a donné d'habondant et commodité, je mande par tous les gouvernemens de mond, royaulme que l'on laisse la traicte desd, bledz et grains libre et ouverte au de­dans de mond, royaulme pour les mener et conduire de province en province et de païs à autre pour le secours de mon pauvre peuple ct de mes autres sub­jeclz qui en ont necessité. El pour ce que je sçay qu'il s'en pourra recouvrer et tirer des païs d'Au­vergne, Bourbonnoys, Forest et Beaujolloys, princi­pallement pour la provision de ma ville de Paris qui est contraincte d'en envoyer sercher jusques là, j'ay bien voulu vous faire sçavoir quel est en cela mon voulloir et intention, et quant .et quant vous com­mander et ordonner que tous les marchans et autres
') Cet arrêt et celui qui précède sont tous deux du 22 décembre et se Irouvent au registre du Conseil ( Archives nationales, Par­lement <fe Paris, X" i6i5, fol. 221 r° et v°); ils sont imprimés dans de la Mare, Traité de la Police, t. II, p. 1007-1008.
(2' Nous voyons un personnage de ce nom parmi les maîtres d'hôtel du Roi; ne s'agirait-il pas de l'un des frères de Jean­Baptiste Detroyes, l'abbé de Gastine, pendu par les huguenots en i5(>2, soit de Nicolas Detroyes, argentier du Roi, soit de François Detroyes ?
(3) Probablement Jacques de Montmorin, seigneur de la Bastie, chevalier de l'Ordre du Roi, qui avait épousé Gilberte de Mar­connay, dame de Montaret, veuve de Gabriel, seigneur de Chazeron; il est mentionné dans une lettre de Catherine de Médicis du 24 mai 1562, adressée au roi de Navarre. (Cf. H. de la Ferrière, Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 324.)
(*- Le-Journal de Claude Haton nous fournit un curieux exemple des dispositions qui furent prises à l'occasion de cette b visitation et description generalle des bleds-. Les gens de justice et gouverneurs de Provins firent le recensement des grains possédés par les particuliers et établirent pour chacun d'eux une réserve, qui jusqu'à la moisson devait êlre vendue aux habitants de la ville au maxi-